Présentation de l'éditeur :
La Collaboration, avons-nous
tous appris, est la conséquence
de la terrible défaite de 1940.
Mais si la défaite avait été elle-même le
résultat d’une « collaboration » déjà fort
bien anticipée entre une fraction de l’appareil d’État
et des milieux d’influences français, et un déjà quasi-occupant
nazi ?
La question est taboue. De plus, comment imaginer que, tel le joueur
de flûte d’Hamelin, les
ennemis acharnés de la démocratie fusionnés avec
les stipendiés de Berlin et de Rome aient
pu si efficacement, et dans les normes du secret, faire d’une
part suffisante du haut personnel
de la Troisième République les complices de sa destruction.
Comment ? Il fallait d’abord rouvrir le dossier, bien scellé par
ce qui nous restait d’illusions, et revenir aux archives. Le
constat est accablant. Annie Lacroix-Riz a réuni les mille pièces à charge
d’une
incontestable entreprise de subversion de l’État
républicain.
Il fallait ensuite reconstituer ces cheminements de corruption et de
connivence qui ont fini par
placer le centre de gravité de la trahison au coeur même
de l’État. S’il est un mythe intenable, c’est
celui d’un complot aux franges, de l’autre
côté d’une ligne Maginot de sécurité républicaine
qui aurait tenu jusqu’à l’invasion : en réalité,
toute une chaîne de complicités, de l’extrême-droite
aux rassurants radicaux, en passant par l’État-major,
a voulu la mort du régime. À n’importe quel prix.
Mais pourquoi, dira-t-on ? Difficile de le comprendre sans un retour
sur les enjeux de l’époque.
Comme nous ne voyons plus bien les raisons du crime, nous sommes tentés
de penser
qu’il n’a pas eu lieu. Mais les raisons étaient
bien là, et l’auteure nous les rappelle avec une
froide rigueur. Certaines n’ont peut-être pas complètement
disparu: ce vieux malaise d’une part de nos élites avec
le double fait national et démocratique…
Sommaire
La France de Munich (octobre 1938-14 mars 1939). Le Reich maître
de la politique extérieure française. La « fascisation
de la démocratie ».
Modèle socio-économique allemand et réorganisations
intérieures
1933-1936.
Un sursaut ? (15 mars-31 août 1939). Les ennemis
de La République
du printemps à l’été 1939. Un « tournant » de
politique extérieure, mars-août
1939 ?
De la guerre au vote des pleins pouvoirs à Pétain
(1er septembre 1939-10 juillet 1940). La guerre intérieure
: « les communistes mis à la
raison ». Entre « guerre » contre l’URSS et
paix sur le « front du Nord-Est ». Vichy avant Vichy, septembre
1939-juin 1940.